vendredi, novembre 10, 2006

Air France « rétro » (2/9)

jeudi, novembre 09, 2006

Le bonheur a-t-il une réalité objective ?

Parler du bonheur est une invite à enfoncer des portes ouvertes. La tentation est grande, dès lors, de se forcer à l’originalité à coups de paradoxes et d’idées neuves. On s’en tiendra à la raison pour fuir épate et conventions éculées. Elle s’appliquera, peut-être sans grand panache, à comprendre le sens d’un mot tant usé mais difficile d’usage.

Le bonheur, dit le dictionnaire, est un état d’entière satisfaction, résultant d’un événement précis, qu’il soit recherché, annoncé ou imprévu. Cette définition ne doit pas nous faire oublier l’essentiel : le bonheur ne se commande pas. Il n’est ni imposé ni refusé. Parallèlement, personne n’est en mesure d’affirmer qu’untel est heureux. Par contre, reconnaître les ravages de son contraire est chose facile. Sans compter qu’insidieusement nous sommes prêts à dépister ce dernier derrière les airs de bonheur dont beaucoup s’habillent pour côtoyer leurs proches ou le tout-venant. Présentement, il est vrai, la propension de nos semblables à se dévoiler pour un oui ou pour un non, à tout le moins d’oublier de s’en formaliser, souligne la facilité avec laquelle on proclame ses états malheureux.

Serait-il plus aisé de s’emparer de cette chose qui fait courir si on pouvait décliner les conditions de sa réalisation, autrement dit dévoiler sa matérialité. Comment établir les plans de sa conquête ? A cet égard, nous sommes tous des Rastignac : « A nous deux, Paris ! » « Le bonheur existe. Il est comme cela. Voici la recette ! » La réponse, nous la connaissons. D’une part, le bonheur est enfant des circonstances. D’autre part, quand ces dernières se manifestent, trop souvent, elles ne produisent pas l’effet espéré.

Il faut opérer une distinction entre ses conditions d’existence et le fait de le ressentir. Combien, subjectivement, font l’expérience de son évanouissement brutal dès lors qu’ils ont mené à bien les efforts nécessaires à sa réalisation. A contrario, on remarquera que les périodes les plus sombres d’une vie, les temps les plus éprouvants ne font pas nécessairement obstacle à l’expérience du bonheur intime. Ce dernier constat permet à certains, à des privilégiés surtout, de justifier de l’absence de tout souci d’amélioration collective. Pourquoi tenter de modifier l’état des choses puisque ce n’est pas lui qui fait obstacle au bonheur ?

Chacun peut le vivre dans la modestie, voire la difficulté de sa condition. Même dans les pires moments, les guerres par exemple, les enfants jouent, hommes et femmes s’aiment et font des projets. Sans doute, mais notre état de civilisé nous pousse à penser que paix, prospérité grandissante, acceptation de l’autre, savoir plus développé, culture plus forte et toujours mieux distribuée feront plus d’heureux que le contraire. Si le politique ne procure pas le bonheur, il ouvre la voie à une possibilité plus grande d’en connaître les attraits.

Aussi ma réponse tient-elle en deux propositions. Je dois m’efforcer de vivre une vie bonne, c’est-à-dire qui permet de m’épanouir, mais pas sur le dos d’autrui, et sans me poser oiseusement la question du bonheur… J’ai toutes les chances qu’il me soit – alors – donné de surcroît.

mercredi, novembre 08, 2006

Air France « rétro » (1/9)

lundi, novembre 06, 2006

Le contrat et la vertu

L’idée de contrat se comprend mieux par le biais d’une expression synonyme : l’obligation réciproque. Et pourquoi pas contrainte réciproque ? Ces deux mots ne sont-ils pas équivalents ? Pas tout à fait. La contrainte exprime une pression extérieure indépendante de mon accord ou même de la compréhension que j’ai de ce qui la provoque. L’obligation , elle, n’existe que dans la mesure où le bien-fondé de ses raisons m’est suffisamment connu, même si les modalités d’application ne paraissent pas toujours équitables.

Ainsi, j’ai l’obligation de payer des impôts. Certes, je sais que, si je ne m’en acquitte pas volontairement, je serai contraint de le faire, comprenant (à mon grand regret ?) que les membres d’une collectivité doivent contribuer à son entretien, faute de quoi elle cesserait d’exister. Que je sois d’accord sur l’usage et l’importance des sommes ainsi collectées est un autre problème. Autrement dit, si l’individu que je suis s’entête à ne pas payer ses impôts, le même sait (avec ou sans remords) qu’il fuit ses obligations.

Le contrat se présente comme une obligation personnelle accompagnée de la connaissance que j’ai de l’obligation que l’autre partie contracte à mon égard. En fait, tout contrat devient rapidement une épreuve pour l’individu qui y souscrit. Plus que de raison, aux avantages escomptés succèdent les inconvénients propres à tout donnant-donnant. Au sentiment d’euphorie initial, qui pousse encore davantage au désir du contrat sur le thème : j’en ai les moyens, les capacités… la bonne volonté, succèdent non pas tant l’imprévu que les aspérités du vécu, mal évaluées dans l’optimisme initial. Aujourd’hui, nous ne sommes plus la personne que nous étions hier. Demain, encore moins. Chacun, au fil des ans, plus ou moins fortement, il est vrai, vit cette difficulté d’honorer ces contrats tant désirés.

Comment dire avec force : « Je maintiendrai » ? Par la vertu, au sens latin du terme. Le contrat, pour se survivre, appelle un effort qui bouscule celui que je suis présentement. Ce faisant, il trempe mon caractère, développe ma « vertu », c’est-à-dire ce qui fait mon humanité. C’est vrai du mariage, du désir d’enfant avec ce que cela suppose de contractuel, du contrat d’emploi, de tous ceux qui, implicites, tissent nos liens sociaux. Au départ, avantageusement, « ils vont de soi ». Puis le temps, rongeur obstiné de nos idéaux, de nos projets, de nos sentiments, fait son œuvre. Qu’avons-nous à lui opposer ? Notre vertu. Ce n’est pas rien, c’est rarement assez.

lundi, octobre 30, 2006

A force de progrès, les hommes s’éloignent de la Nature…

Que veut-on dire par « les hommes » ? S’agit-il d’un rassemblement d’hommes, semblable à un empilement de morceaux de bois ? Nullement ! Le monde de l’humain, dans le temps et l’espace, n’est pas que la somme des individus qui le compose. Il se constitue – c’est-à-dire qu’il prend sens – à travers ce qu’ils produisent de leurs mains, dans un malaxage conflictuel de traditions, de souvenirs personnels et collectifs, d’accumulations de savoirs et de règles d’organisation entre individus et entre groupes sociaux.

Parler « des hommes » est moins porteur de sens que de parler de la société humaine en devenir. Autre point à éclaircir : pourquoi affirmer que c’est un mal de s’écarter de la nature ? Le contraire ne serait-il pas plus vrai ? Un homme abandonné, nu, au cœur de la forêt amazonienne pourrait-il y vivre plus de quelques heures ? Qu’est-ce que la civilisation sinon le passage de la cueillette à l’agriculture, des clans de chasseurs à la ville, c’est-à-dire un éloignement continu de la nature.

Quant à l’idée de progrès, elle désigne une situation considérée comme plus profitable que celle que l’on connaissait avant. Sur ce point, il n’y a pas d’accord pour dire que telle situation nouvelle est préférable à celle qui pré-existait. Pour certains, la consommation est un bienfait, pour d’autres… son contraire. La mondialisation est-elle un bien ou un danger ? Pour vivre mieux ensemble, ceux-ci misent tout sur la tolérance, ceux-là sur le droit imprescriptible à la sécurité. Tous, ils sont persuadés d’avoir raison même s’ils ne mettent pas les mêmes choses derrière les mêmes mots.

Reste la question du rapport de la nature à l’être humain. Ce dernier n’est pas que biologique. La part sociale-pensante de l’individu se manifeste par une création continue de produits matériels et de rapports intellectuels qui ne sont pas de la nature, mais de l’homme. Dès ses origines, l’humanité se définit comme l’au-delà de la nature. Pourquoi vouloir, aujourd’hui, détourner le binôme homme-société de cet éloignement progressif d’avec la nature ?

Cette clarification n’enlève rien au sérieux du questionnement sur la capacité de l’homme à se gouverner. Ce problème ne concerne pas, directement, le rapport homme-nature, mais bien l’humanité dans ce qu’elle a en propre.

lundi, octobre 23, 2006

Tapis de palais


Chine, Ningxia, début du XIXe siècle. Tapis de palais, 800 x 816 cm. 80.000 €.

La province du Ningxia, située au nord de la Chine, est proche de la Mongolie intérieure. Les plateaux semi-arides d’Aixa sont propices à l’élevage du mouton. Les plus anciens tapis chinois proviennent de cette région. Offerts à la cour impériale ou à des temples bouddhistes, ils sont particulièrement rares et recherchés.
Les décors destinés à la cour sont puisés dans le répertoire de symboles heureux : papillons, lotus, poissons, fleurs, pivoines, faisans, sans oublier les dragons…

mercredi, octobre 18, 2006

Information ou propagande ?

Etymologiquement, informer signifie « mettre en forme ». Ainsi, l’instruction consiste à mettre en forme l’enfant pour l’adapter au monde dans lequel il vit. Aristote (384-322 av. J.-C.) expliquait que, dans l’engendrement, la femme apportait la matière et l’homme la forme. Il informait une chair indifférenciée pour la façonner en un individu distinct.

Etymologie et sémantique s’enchaînant – sans ces dérives de sens auxquelles on assiste parfois –, information signifie ce qui met en forme notre connaissance du monde extérieur. Cela dit, il faut être attentif à l’aspect passif de l’information. On reçoit de l’extérieur quelque chose qui nous modifie, comme le sculpteur qui donne forme à un bloc de pierre.

Propagande signifie étymologiquement répandre avec force. Pagere (pangere) exprime l’idée d’enfoncer, de ficher (en terre). D’origine ecclésiastique ce terme désigne l’action visant à développer le domaine de la foi. Actuellement, il a une connotation péjorative dans la mesure où il implique l’usage de tous les moyens pour faire accepter une opinion donnée.

Comme on le voit, au départ, information et propagande sont pratiquement synonymes. Chaque fois, il s’agit de façonner l’opinion d’un individu. Une différence subsiste cependant. Si l’information porte sur quelqu’un qui n’a pas conscience d’être ainsi modifié, la propagande est vécue comme la volonté d’une autorité d’imposer certains énoncés.

Bref, il est plus difficile de se garder de l’information que de la propagande, d’autant plus que je ne puis me passer de connaître ce qui se passe autour de moi. Il me faut donc abandonner la passivité et me façonner (m’informer) avec les moyens intellectuels dont je dispose, sachant qu’une part de ceux-ci m’a été fournie par l’éducation, la coutume et les habitudes. Autrement dit, je reste en partie façonné par mon environnement.

La conscience de cette situation initiale de passivité me permet de la surmonter… mais jamais totalement. Pour ce faire, je m’interrogerai sur le sens de ce que je reçois en réclamant davantage que ce qu’on me présente comme des faits. Au-delà d’une affirmation qui se veut factuelle, je chercherai les interprétations qu’elle peut engendrer. Autrement dit, le débat, seule façon de m’informer sans être soumis à l’information-propagande. Ce procédé doit me permettre avec mes moyens – que ce type d’exercice ne manquera pas de développer – d’évaluer la signification, pour moi, de ce qu’on me présente comme un fait.

jeudi, septembre 21, 2006

Le pinceau de Bouddha

Avec l’ouvrage Le pinceau de Bouddha, le photographe Reza nous offre un voyage exceptionnel, dans le nord-ouest de la Chine. Là, dans les montagnes du Xinjiang, l’ancien Turkestan oriental, se cachent de fabuleuses grottes. Longtemps inaccessibles, elles échappèrent aux Gardes rouges et à leur Révolution culturelle. Une chance, car elles renferment des trésors de l’art rupestre racontant l’histoire de Bouddha.

En effet, les 163 sites se trouvent dans le mystérieux royaume de Kucha – lieu de pèlerinage qui joua un rôle capital dans la diffusion du bouddhisme de l’Asie centrale vers la Chine – et sur le tracé nord de la route de la Soie.
Reza a sélectionné dix grottes à Kyzil et Kumtura. Comment ? En fonction du degré de conservation de ces fresques, réalisées par des moines-peintres entre les IVe et VIIe siècles. Mais aussi selon leur accessibilité. Car l’acheminement du matériel ne fut guère aisé et les conditions de travail, épiques ; le photographe devant parfois éclairer les parois des sanctuaires grâce à des miroirs reflétant la lumière du jour.

Autant d’efforts qui nous permettent de parcourir les scènes des multiples vies de Bouddha. D’admirer de somptueuses palettes de couleurs où dominent le bleu, le vert et le rouge, et de découvrir la confrontation des styles indien, grec, persan, afghan et chinois.

Le pinceau de Bouddha, éditions La Martinière, 35 €.

mercredi, septembre 20, 2006

Mains moites

Les hommes savaient déjà qu’avoir plusieurs chauves dans leur famille augurait mal de la pérennité de leur abondance capillaire. En revanche, on ignorait qu’il en allait de même pour l’hyperhydrose palmaire, c’est-à-dire pour les mains moites.

C’est du moins ce qu’affirme Samuel Ahn, directeur du service de chirurgie endovasculaire du centre médical de l’université de Californie, à Los Angeles.
La composante héréditaire forte de l’hyperhydrose montre qu’elle peut être provoquée par un gène dominant. Et qu’elle ne semble pas liée au sexe ni à l’origine ethnique. Samuel Ahn a étudié cinquante-huit patients aux mains très humides ainsi que les dossiers médicaux de leurs parents. Et il a découvert que deux tiers des « malades » avaient des antécédents familiaux.

C’est la première fois qu’une étude scientifique établit un lien génétique pour ce problème qui touche tout de même environ 1 % de la population occidentale.
Prochaine étape pour le docteur Ahn : identifier ces gènes pour envisager un traitement contre les mains moites.

mardi, septembre 19, 2006

Vacances « rétro » (32/32)

Affiche signée Sandy Hook (1879-1960). Imprimerie N.R. Money (Paris). Format : 74,5 cm x 105 cm. Prix : 4.861 €.


Pour trouver les affiches, consultez les petites annonces des revues et journaux spécialisés dans les antiquités et la brocante.
Parcourez ensuite les salons et brocantes, où certains marchands sont des spécialistes de l’affiche, ainsi que les salons consacrés aux vieux papiers.

Certains magasins possèdent de nombreuses affiches de voyages à l’étranger. N’hésitez pas à les contacter.
Dernière piste à ne pas négliger : les ventes aux enchères thématiques. Que ce soit à Paris ou en province, des ventes d’affiches ont lieu couramment.

Sources : voir 1/32.

Fin.

lundi, septembre 18, 2006

Théorie ou abstraction ?

Ces deux termes ne peuvent être utilisés l’un pour l’autre, car ils mettent l’accent sur des aspects différents de l’activité mentale.
A partir d’informations communiquées par nos sens, notre esprit met en valeur – abstrait – des similitudes. Pour mieux les faire ressortir, il élimine les autres données. Bref, il se limite à souligner certains traits d’un objet. Quand nous insistons sur l’aspect triangulaire de certaines choses, nous faisons abstraction d’autres informations pour ne retenir que celle relative à leur forme. Cette opération, notre cerveau le fait automatiquement.

A un second niveau, l’abstraction est plus volontaire. Elle résulte de notre souci de trouver une cohérence en fonction de critères que nous choisissons. Ainsi, en cherchant à définir « l’action courageuse », nous allons énumérer des critères de comportement, faisant abstraction de tout autre élément d’appréciation. Le côté réducteur et d’une certaine façon, arbitraire de ce procédé est évident. C’est pourquoi, bien que nous usions de la facilité d’abstraire, nous nous en méfions, pensant, à juste titre, que la réalité est plus riche.

La fonction de la théorie est très différente. Pour ce faire, il faut remonter au philosophe grec Platon. Pour lui, la théorie c’est la procession des idées, idées plus vraies que l’apparente vérité de nos perceptions matérielles. Cette prééminence de l’idée sur la réalité concrète est, si je puis dire, à double détente.

D’une part, le sens que nous donnons à nos actes, aux événements qui nous entourent, à l’histoire dont nous sommes les enfants est constitué par un ensemble d’idées (d’opinions) préexistantes à nous. Situation obligée. Personne ne peut prétendre donner sens au monde dans lequel il vit sans ces idées organisatrices.

D’autre part, un second aspect de la théorie s’impose. Là, nous faisons plus que recevoir des idées communes. La théorie s’identifie à une construction intellectuelle que nous mettons sur pied pour faire face à un problème. Elle devient littéralement notre capacité de construire notre avenir comme un architecte élabore le projet d’un nouvel habitat. C’est sur papier, cela n’a jamais existé, mais cela deviendra une réalité par la seule puissance de notre pensée créatrice.

Si l’abstraction me permet de donner sens à l’information sensible, la théorie m’apporte et l’intelligence du monde et la possibilité de bâtir mon avenir en en dressant les plans.

samedi, septembre 16, 2006

Vacances « rétro » (31/32)

Embarcations typiques de l’Extrême-Orient pour cette affiche Air France signée Vincent Guerra en 1950.


Le coût d’une affiche de voyage à l’étranger dépend de plusieurs critères. La signature est très importante, mais vous devrez aussi prendre en compte l’époque, le pays, le moyen de transport et l’état de l’affiche.

Nombreuses et plus récentes, les affiches anciennes des compagnies aériennes se négocient entre 200 € et 500 € environ.
Celles des compagnies maritimes et ferroviaires sont plus chères : de 300 € à plus de 1.200 € environ pour les plus anciennes.
Plus rares, les affiches de Simplon-Orient-Express s’achètent entre 900 € et 1.300 € environ.

Certaines destinations sont également plus recherchées et valent donc davantage. C’est notamment le cas du Liban, de l’Indonésie ou du Proche-Orient.
Enfin, quelques illustrateurs font grimper les prix en flèche. Les créations signées Hugo d’Alési ou Roger Broders peuvent ainsi atteindre 2.500 € environ.

Sources : voir 1/32.

A suivre.